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MAUVAISE MERE ?

 

Pendant longtemps, je me suis crû une mauvaise mère…

  • Une mauvaise mère qui a besoin de calme et de silence, qui supporte mal ses propres enfants.
  • Une mauvaise mère qui n’arrive pas à jouer à la dînette, à faire semblant de boire le thé ou d’être un chat.
  • Une mauvaise mère qui n’arrive pas à garder le secret de ces fabuleux mensonges que sont le Père Noël ou la Petite Souris et qui parle trop sincèrement à ses enfants au risque de les blesser parfois (« il n’est pas très beau ton dessin » gloups).
  • Une mauvaise mère qui n’emmène ses enfants au parc qu’une fois par an environ.
  • Une mauvaise mère qui se sent envahie quand ses enfants l’escaladent et qui lutte bien souvent pour ne pas les repousser.
  • Une mauvaise mère souvent fatiguée.
  • Une mauvaise mère qui a mauvaise conscience et qui pleure souvent…

Et puis un jour, j’ai été diagnostiquée asperger et tous mes comportements ont pris un sens.

  • Non, ce ne sont pas mes enfants que je ne supporte pas, c’est le bruit qu’ils font et mon hyperacousie qui ont du mal à cohabiter.
  • Non, je ne suis pas nulle à la dînette, ou méchante de dénoncer l’escroquerie du Père Noël, c’est juste que mon cerveau ne sait pas « faire semblant ».
  • Non, je n’ai pas la flemme de sortir mes enfants, c’est juste que la préparation de la sortie au parc me prend 3 jours entiers (et souvent aussi les nuits qui vont avec) pour tout planifier, anticiper, et qu’au dernier moment, un imprévu peut me faire perdre tous mes moyens. L’anxiété sociale, ce n’est pas une légende.
  • Non, je ne déteste pas mes enfants, c’est juste qu’au niveau tactile, j’ai du mal à encaisser que l’on me touche.
  • Non, je ne suis pas une feignasse qui fait semblant d’être fatiguée, je le suis réellement à force de lutter contre moi-même et ce que je suis.

Grâce à ce diagnostic, je me suis enfin acceptée telle que je suis, une maman un peu différente, un peu bizarre, mais une maman qui aime ses enfants plus que tout.

  • Une maman qui explique les choses sans bêtifier et de manière aussi complète que possible (oui, la lune n’a pas toujours la même forme visible, c’est à cause de l’ombre projetée de la terre, elle-même éclairée par le soleil).
  • Une maman qui ne ment pas, si elle promet, c’est acté. Si elle dit quelque chose, c’est la vérité.
  • Une maman un peu fantasque, qui se moque du ridicule, capable de danser comme une folle pour les faire rire ou de faire la monture crocodile.
  • Une maman qui leur bricole des peluches et des doudous sur mesure.
  • Une maman qui fait des supers gâteaux d’anniversaire même s’il n’y a pas beaucoup d’invités.
  • Une maman qui les initie à la science et qui reproduit des éruptions volcaniques sur la table de la cuisine ou fait éclore des dragons dans un verre d’eau.
  • Une maman capable de leur parler de la nature et des animaux pendant des heures, qui leur montre leurs traces, qui analyse les nids, qui attrape délicatement salamandres, crapauds, hérissons pour qu’ils puissent voir de près les merveilles qui les entourent.

Ce diagnostique, même si dans un premier temps il soulage, il ne doit pas devenir la justification à tout. Il ne faut pas se mettre de barrière, de limite, en se disant « je suis comme ça, point barre ». Une psychologue une fois m’a dit : « Oh vous savez, les enfants font avec les parents qu’ils ont ». J’ai été outrée. Et si les parents en question veulent essayer d’être meilleurs, pourquoi ne pas tenter ? Pourquoi ne pas les aider ?
Car une « mauvaise mère », avec un petit coup de pouce, elle peut évoluer. Grâce à l’amour de ses enfants, et l’amour qu’elle leur porte. Grâce à une meilleur connaissance d’elle-même.

 

Oh bien sûr, je ne serai jamais une mère parfaite, une de ces mères adeptes de la parentalité positive qui ne crient jamais (comment font-elles ???), et ont des enfants supers obéissants mais je fais de mon mieux 🙂

  • J’arrive à manger un gâteau imaginaire en imitant mon fils.
  • J’arrive à détourner la conversation quand arrivent les préparatifs de Noël.
  • J’arrive à m’accommoder de petits mensonges pour ne pas voir la déception dans leurs yeux (« il est magnifique ton cheval !! Hein ? c’est une maison ? mais elle est magnifiiiique aussi »).
  • J’ai appris peu à peu à tolérer puis accepter et enfin apprécier les câlins incessants de la petite et le côté hyper tactile du second.
  • J’ai compris où étaient mes limites et j’ai appris à ne pas les dépasser, peu importe les avis extérieurs, afin de limiter mes troubles du comportement.

Et surtout, surtout !! J’ai investi dans un casque anti-bruit !! 😛

 

13 commentaires sur “MAUVAISE MERE ?

  1. Tes imperfections sont laaaaargement compensées par tes aptitudes et tes efforts ! D’ailleurs ça m’étonnerait que tes enfants veuillent changer de maman et c’est bien ça le principal 🙂

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  2. tu devrais écrire tu as vraiment un don .bien sur qu on peut aider les mamans a être plus efficaces si elles ont des difficultés au lieu de retirer les enfants ! tu sais je me retrouve un peu dans ton descriptif .je ne sais pas mentir , je dis aussi à mes enfants que ce n est pas beau c est aussi constructif pour s ameliorer .. pas tout petit bien sur lolll.un jour mes enfants nous ont reprochés de ne jamais rien leurs donner hé oui c est le père noel , saint nicolas les cloches et nous nada alors la vérité est sortie. .. je ne crie pas je suis d une patienceeee . je dis tout le temps que je vais acheter des boules pour les oreilles j ai l impression que les bruits sont amplifiés et que tout le monde hurle …

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  3. Dans ce que je lis de votre façon d’aborder vos enfants, vous rentrez tout à fait dans la parentalité positive. Avoir des enfants obéissants n’est pas un objectif de parentalité positive et ne jamais crier est un idéal que tout le monde n’atteint pas mais qu’on peut avoir comme boussole.
    C’est très beau ce que vous écrivez…(sincèrement mdr!)

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  4. Merci pour tes mots♥
    Oui, je suis d’accord avec toi, on peut progresser quand on se comprend mieux et qu’on comprend mieux les enjeux pour nos enfants.
    Mon aîné a longtemps eu très jeune, dès l’âge de 2 ans, et pendant au moins 2 ans, une forte angoisse de la mort.
    Une psy m’a dit qu’il avait besoin d’entendre que je n’allais pas mourir. Impossible pour moi de dire cela à l’époque! Elle m’a dit  » Il a besoin d’être rassuré. Quelle est la plus grande probabilité? Que vous mourriez dans les mois à venir ou que vous ne mourriez pas dans les mois à venir mais qu’il se construise sur son angoisse de cette possibilité? » hum… hum… oui, c’est sûr. Je me suis d’abord appuyée sur des statistiques, cela m’aidait à lui parler. « statistiquement, compte tenu de notre âge et notre lieu de vie bla bla » Puis un jour, j’ai fini par me convaincre moi-même et j’ai fini par lui dire « papa et maman ne vont pas mourir ». Et hop, c’en était fini de ses angoisses.
    Voilà, j’ai compris que parfois, pour leur équilibre, mes enfants ont besoin de croire que le monde est binaire…

    Aimé par 1 personne

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