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Porter un masque social. Le repas de quartier

Aujourd’hui et pour la troisième année consécutive, je suis allée au repas de quartier organisé par les voisins de mon lieu-dit.

Pas que j’en avais follement envie (au contraire), mais bon, socialiser une demi-journée me permet d’être ensuite tranquille le reste de l’année. Dans mon précédent logement, je m’étais embrouillée avec la moitié de la rue et je rentrais chez moi la boule au ventre. Hors de question de faire pareil ici, nous avons prévu de vieillir dans cette maison.

Les voisins sont tous très gentils, prévenants envers les « nouveaux arrivés ». Et oui, eux sont tous là depuis 30 ans !! Leurs enfants ont grandis ensembles puis sont parti travailler « à la ville ». Ils restent donc seuls, à la retraite, et se trouvent donc des activités. Pour eux, nous sommes « les jeunes ».

L’avantage avec les gens un peu âgés (70 / 80 ans), c’est qu’ils adorent parler d’eux, la conversation est donc facilitée. Je me suis vue sourire à pleine dents, embrasser une majorité d’inconnus (comme je ne reconnais pas des gens vus 1 fois par an, pour moi ils sont tous des inconnus :/ ). Je me suis regardée leur demander « alors, comment ça va depuis l’année dernière ? », hocher la tête et faire des « hum-hum » de compassion en écoutant leurs récits d’opérations ou des « wah » en écoutant à quel point l’ancienne propriétaire de notre maison était horrible, comme une parfaite petite voisine.

J’ai tenu jusqu’à 16h, en faisant de petites pauses sensitives (merci les enfants qui ont envie de faire pipi ^^). A partir de 16h, j’ai commencé à me fermer un peu et la migraine consécutive à trop de bruits et de sollicitations est arrivée. Nous sommes partis à 17h après avoir salué tout le monde et récupéré nos enfants.

Là, je suis épuisée.
Je suis épuisée et j’ai aussi un sentiment de malaise. Je ne me suis pas aimée aujourd’hui. Je sais que j’ai assez bien réussi ma socialisation et ça me rend heureuse d’avoir été appréciée, mais quelque part, je me dégoute un peu d’avoir ainsi joué la comédie. Ce n’est pas réellement moi qu’ils ont appréciée.

Je déteste le mensonge, et c’est ce que j’ai fait pendant 5 heures…

2 commentaires sur “Porter un masque social. Le repas de quartier

  1. Bonjour madame, je découvre vos articles et je les trouve très intéressants. Je me permets de réagir à celui-ci, et je vous prie de le prendre pour ce qu’il est: simplement un échange de points de vue.
    Vous êtes aller à votre repas de quartier…cela me fait penser que je ne l’ai jamais fait. Parfois j’avais autre chose à faire, parfois j’aurais pu. Et vous m’avez fait réaliser que quand j’aurais pu, j’aurais peut-être dû…vous décrivez des personnes d’un certain âge qui ressemblent très certainement à celles qui m’entourent. J’ignore ce qu’ils ressentent durant l’année mais compte tenu de la vie que nous avons, mille choses à faire et peu de temps pour le faire, nous avons tous tendance à courir plutôt qu’à prendre vraiment le temps. On peut quand même parier, sans trop prendre de risques, qu’ils se sont parfois (souvent?) sentis seuls. Ces repas de quartier sont pour eux l’occasion de revivre un « temps qui était le leur », celui où l’on se permettait de ne pas être forcément productifs. Ce temps est révolu ( car lorsque l’on ne cherche pas à produire des biens ou de l’argent, on cherche au moins à « rentabiliser » son temps, que ce soit en termes de loisirs, de tâches ménagères, de temps consacré à la famille…) et les personnes âgées se voient maintenant contraintes de finir leurs jours dans un monde auquel elles ne se sentent pas appartenir.
    Ce jour-là , par votre présence, vous leur avez donné un peu de votre temps. Peut-être que vous pouvez simplement voir les choses comme cela? Si vos enfants et votre époux ont pris du plaisir à cette journée, tant mieux. Sinon, cela n’est peut-être pas la peine de recommencer.
    De mon côté, j’essaierai d’y être la prochaine fois. Je le ferai juste dans l’espoir de passer un moment agréable. Soyez sûre que je ne cherche pas à vous faire une leçon de morale; je pourrai me permettre d’assister à mon repas de quartier car je ne suis pas une personne avec autisme et donc, je n’ai pas besoin de me fabriquer des créneaux de socialisation dans la planification de mon année….si je le fais, ce sera donc par envie.
    Mais peut-être que vous non plus n’êtes pas soumise à cette obligation ? Ou du moins, pas sous cette forme si elle ne vous convient pas?
    Et, quoi qu’il en soit, concernant cet effort que vous faites depuis trois ans, il ne mérite pas que vous vous en sentiez mal à l’aise. Tout au plus, ce type de manifestation ne vous correspond pas…alors, croyez-moi, vous n’êtes pas la seule au monde.

    Bien cordialement.
    Carole

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, mes enfants se sont régalés, de même que mon mari. Et je recommencerai l’année prochaine car même si c’est très fatigant pour moi, ce sont des personnes que j’apprécie 🙂 D’ailleurs, il m’arrive de temps en temps (1 fois par trimestre environ) d’aller voir mes voisins les plus proches pour voir s’ils vont bien (84 ans), même si je sais que j’en ai pour 2 heures ^_^
      Merci pour votre message 🙂

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