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Je ne suis pas spécialiste de l’autisme

Je ne suis pas spécialiste de l’autisme, je suis spécialiste de MON autisme.
Je ne suis pas spécialiste de l’autisme, je suis spécialiste de MON autisme.
Je ne suis pas spécialiste de l’autisme, je suis spécialiste de MON autisme.
Je ne suis pas spécialiste de l’autisme, je suis spécialiste de MON autisme.

Je me répète ça comme un mantra, en espérant qu’un jour ça rentre définitivement.
(Chez moi, certaines idées doivent rentrer à coup de marteau 😛 )
(psychorigidité, ils ont dit ^^)

Autant que possible, j’essaie d’être une bonne personne, une personne gentille, tolérante, ouverte et aidante. Mais cette fichue théorie de l’esprit pourrie me joue des tours : si je ne fais pas attention, je suis tentée d’exclure toutes les personnes qui n’ont pas un fonctionnement similaire au mien.

Pour les « exclure », je me base sur mon propre vécu, évidemment, mais également sur les descriptifs des triades/diades autistiques que l’on retrouve dans le DSM ou la CIM, et sur les recommandations de la HAS en matière d’évaluation.

Mais après tout, qu’est-ce que j’en sais ? Je ne suis pas psychiatre ou psychologue ! Je ne suis pas chercheur en neuro sciences ! Personne ne me tient informée des dernières avancées. Peut-être qu’il existe réellement des autistes qui passent totalement inaperçus ou qui ont des visions ? Des qui sont hyper compétents en relations sociales ? Qu’est-ce que j’en sais ? La recherche en est à ses balbutiements et il y a peut-être des psy visionnaires.

Je doute déjà tous les jours de mon propre diagnostic. J’ai certes des difficultés, mais bien moins que d’autres. Bon, je me dis que j’ai été évaluée par plusieurs professionnels, selon les recommandations de la HAS et qu’il y a de grandes chances qu’ils aient raison. De plus, mes « crises », mes impairs, et mes incompréhension du monde me rappellent régulièrement que mon fonctionnement cognitif n’est pas la norme.

Mais est-ce réellement de l’autisme ? Il y a tellement de profils différents dans l’autisme ! Et il y en a de plus en plus, j’ai l’impression, tant je me reconnais de moins en moins dans ce que je lis sur les groupe d’autistes…

Tant qu’il n’y aura pas de tests fiables, type prise de sang, IRM, etc, le doute sera permis. Pour tous, y compris pour moi. En attendant, je vais tacher de ne pas blesser les gens en leur renvoyant leur différence d’avec moi (je ne suis pas un mètre étalon de l’autisme) ou leur évaluation apparemment bancale. On me l’a fait. Ca fait mal. Et je ne veux pas faire de mal aux autres (j’en fais déjà suffisamment sans le faire exprès !).

Dans l’absolu, je me moque du nom que l’on met sur mes difficultés, tant qu’elles sont prises en compte et prises en charge, dans leur spécificité. Il est là l’important.

 


 

Evidemment, cette bienveillance n’est pas valable pour ceux qui mentent d’un post à un autre, qui se disent aujourd’hui diagnostiqués depuis 6 mois alors qu’ils posaient des questions sur comment se faire évaluer la semaine dernière (j’exagère à peine). Eux, je les bloque et les évite soigneusement (ou ils me bloquent d’eux mêmes, me connaissant un peu 😛 ).
Les imposteurs oublient un peu trop souvent la mémoire photographique très présente chez les autistes, et le principe de dissonance cognitive 😉

6 commentaires sur “Je ne suis pas spécialiste de l’autisme

  1. Qu’Est-ce que tu appelles « mémoire photographique » exactement ?
    Perso j’ai toujours entendu dire (par toutes mes connaissances autistes) que la « mémoire photographique » (comme on la voit à la télé) est un mythe.

    Ceci dit, il m’arrive de me rappeler de détails que tout le monde oublie en moins de deux (par exemple, quand quelqu’un me raconte ses histoires de boulot, et que plusieurs années après je me rappelle parfaitement des noms, fonctions… de tous les collègues, alors que la personne qui racontait a elle-même en partie oublié). Mais j’avais jamais pensé que c’était un truc autistique.

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    1. C’est une mémoire visuelle. Je ferme les yeux et je vois comme si j’avais une photo sous le nez. Hyper pratique à l’école. Le soir je « photographiais » mes cours et le lendemain, lors d’une interro, il me suffisait de fermer les yeux et de « relire » mon cours.
      Hyper pratique sur internet, du coup. Je ne me rappelle pas de tout ce que je lis, mais presque.
      Par contre, en mémoire auditive, je suis toute pourrie. Faut vraiment que je vois, entendre ne suffit pas.

      Aimé par 1 personne

  2. C’est très *autiste* de remettre en question plein de choses, voire soi-même 😉
    J’espère qu’un jour on pourra arrêter d’évaluer les gens sur des comportement observables leurs ou performances a des tests car selon moi, on continue a essayer de faire rentrer de ronds dans des carrés (sans parler du fait qu’on change les définitions des ronds et des carres a un rythme assez régulier. Je suis personnellement pour la reconnaissance des différences de fonctionnement au lieu de leur pathologisation. Cherchons plutôt a caractériser les besoins plutôt que les non-conformités. Réduisons les atteintes a la normalité et augmentons l’accueil de la diversité. Ceci dit, au contraire de pas mal de ‘neurodiversiteurs’ a poil dur, je ne suis pas pour la démédicalisation de l’autisme et/ou des tdah, car il ne faut se priver d’aucun moyen pour améliorer nos quotidiens. Cela peut sembler compliquer pour ceux qui sont anti-psychiatrie, anti-médocs voire carrément anti-diagnostics, mais il ne faut pas se leurrer: même dans un monde idéal et accueillant, une partie d’entre nous aura toujours besoin d’aide (la preuve par le pudding: les vacances et le temps libre…)

    Aimé par 4 personnes

    1. J’adore ton image très parlante de ronds qu’on fait rentrer dans des carrés. Et effectivement, les définitions changent à un rythme effréné. Dur de ne pas s’y perdre et de garder ses certitudes. Ce qui était certain il y a 10 ans semble totalement dépassé aujourd’hui. Comment savoir où on en sera dans 10 ans 🙂
      Pour le reste : tout pareil 😉

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  3. Je ne suis pas un mètre étalon de l’autisme ! Excellent ! J’aime beaucoup cette image… car tout le monde voudrait bien le trouver ce mètre étalon de l’autisme… et devenir « maitre étalon » en chef. Oui, même chez les autistes, pour certains, la soif d’avoir un pouvoir est bien présente, et c’est blessant. Ton post est magnifiquement rédigé. Merci !

    Aimé par 1 personne

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