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Travailler ou « se soigner », la suite.

Ceux qui suivent ma page Facebook, savent que j’ai passé un entretien d’embauche le 14 décembre. J’avais d’ailleurs accepté volontiers toutes les bonnes ondes envoyées (et elles furent nombreuses, je vous en remercie).

Je me dois (et je VOUS dois) maintenant de vous donner quelques nouvelles. Elles sont à la fois bonnes et moins bonnes, c’est pour cela que j’ai mis du temps à me décider à écrire cet article. J’ai eu honte. Et j’ai été mal. Et j’ai eu honte d’avoir honte et j’ai eu honte d’être mal (car il y a bien pire dans la vie).

 


 

Honte parce qu’en fait, cet entretien d’embauche, je l’ai réussi mais j’ai décliné l’offre lorsque la directrice m’a téléphoné pour m’annoncer la bonne nouvelle : « Vous êtes prise ! »

Honte parce que vous êtes nombreux à vouloir du travail, à essayer et à ne pas réussir. Moi, je réussi et ensuite je refuse… :/

 

Motifs de mon refus ?

D’abord, la peur.
Cela fait 3 ans que je suis en congé parental, 3 ans que je n’ai pas travaillé. J’ai eu peur de me lancer dans un poste avec de grosses responsabilités en gestion financière (ma bête noire, si je me plante, je plante l’entreprise). C’était une très grosse boite, avec une  comptabilité analytique (appliquée uniquement sur un poste d’1 mois il y a 8 ans) j’aurais été seule sur le site, personne pour m’aider, aucune antériorité car restructuration informatique au 1er janvier. Je me suis vue me planter, et mon amour propre en a pris un coup.

Ensuite, problèmes de timing.
– Mon second doit passer des examens sur 3 mercredis de janvier et il faut absolument  que j’y sois. Ca aurait été compliqué de demander 3 jours d’absence dès l’embauche.
– Et demander 2 jours d’absence supplémentaires car je me suis engagée dans un projet de sensibilisation qui me tient à coeur, en janvier également.

Puis, problème d’emploi du temps.
– C’était certes un boulot sur 4 jours (top sur le papier) mais travail obligatoire le mercredi car l’assistante de direction ne travaille aucun mercredi (problématique par rapport aux examens de mon deuz + mode de garde à trouver pour les mercredi après-midi).

Enfin, des considérations bassement matérielles.
– Le salaire était inférieur à mes indemnités chômage… Je veux bien aller travailler, mais si c’est pour gagner moins et être plus embêtée… Oui je sais, ce n’est pas beau de profiter du système… Je n’ai pas menti, triché, ou volé, pour les avoir ces indemnités : j’ai cotisé des années. Mais je culpabilise quand même.


 

Donc voilà, je me suis retrouvée au 36ème dessous, à tourner en boucle pendant des jours et des jours, à casser les pieds à mon mari.
« T’es sûr que j’ai bien fait ? Hein ? Hein ? T’es sûr ? Et si je ne retrouve rien d’autre ? Et la directrice, je l’ai déçue je suis sûre ! On aurait peut-être dû annuler les rendez-vous pour le petit ? Ah bin non, me faire passer avant lui ce n’est pas bien, il a BESOIN de ces examens. Raaaaaaaa ! T’es sûr que j’ai bien fait ? Hein ? Hein ? T’es sûr ? »

Il existe des médailles pour ceux qui nous supportent ? 😛

Maintenant ça va mieux.
J’ai affiné mon projet professionnel avec ma conseillère Pôle emploi qui va m’envoyer en stage de remise à niveau, après évaluation de mes compétences.
J’en ai profité pour lui balancer les méthodes de la coach qu’ils m’avaient assignée, à savoir, mentir sur mon CV et mentir en entretien d’embauche sur mes périodes d’emploi (ne pas dire que je sors de 3 ans de congé parental, faire comme si j’avais arrêté de travailler en septembre).
J’ai prévenu Pôle emploi de mes indisponibilités les mercredis de janvier, et je pourrai donc accompagner mon fils 🙂
J’ai obtenu, après entretien avec une psychiatre du CRA, le certificat médical pour demander une RQTH. Cela me rassurera pour prendre un nouvel emploi.
Le projet de sensibilisation qui me tient à coeur a lieu demain, je peux donc y participer 🙂

 

 

 

6 commentaires sur “Travailler ou « se soigner », la suite.

  1. 🙂 Quelques bonnes ondes supplémentaires ! ça ne fait pas de mal 🙂
    ça me parle tout cela , je les ai traversé bien des fois ces moments là . Tergiversations à n’en plus finir , peur de blesser , honte d’avoir peur de ne pas être à la hauteur , parfois même il m’est arrivé de prendre la place , pour ne pas valider à la fin du la période d’essai . Et se dire ou s’entendre dire que ça ne rime à rien tous ces questionnements sans fin .
    Vous avez bien fait de l’écrire cet article 😉
    c’est réconfortant , en une certaine mesure .
    Meilleurs voeux pour la suite 🙂
    Marie Noelle

    Aimé par 1 personne

  2. C’est très courageux de décliner un travail quand on ne s’en sent pas la force ou que ça n’est pas adapté pour nous. J’ai fait la même chose il y a un an alors que c’était « inespéré », mais c’était 39h en open-space, 2h de métro quotidien, j’aurais craqué trop vite et le salaire n’était pas assez élevé pour me permettre d’aller habiter seule, puis je devais terminer un dossier universitaire en même temps… Des « bonnes raisons » mais je culpabilise encore quand je n’arrive plus à obtenir de réponses à mes candidatures.
    Difficile, mais ça va t’aider à trouver quelque chose de plus adapté pour toi, sans devoir en avoir honte… enfin tout de même positif d’avoir été prise, tu as donc réussi un entretien, passage stressant 🙂
    Bonne chance pour la suite !

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