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« J’aime pas les gens »

« j’aime pas les gens, ça veut dire que je suis autiste »

Qu’est-ce que je déteste cette phrase !!

A mettre dans le même sac que « t’as des amis, tu peux pas être autiste »…
(bah si, figurez-vous qu’il existe parfois des gens qui regardent au-delà des apparences et des codes sociaux et qui peuvent apprécier les belles personnes que nous pouvons être)

Faut arrêter de croire que tous les solitaires et les misanthropes de la Terre sont autistes !
Faut arrêter de croire que l’isolement social est forcément choisi par les autistes !

Evidemment, il y a des autistes solitaires et des autistes sociables. Et des autistes abîmés par la vie qui décident de faire une pause dans les rapports sociaux.
Comme l’a dit très justement l’un de mes amis (oui toi, je sais que tu me lis de temps en temps 😛 ) : « les autistes sont des neurotypiques comme les autres ». On passe notre temps à dire qu’il y a autant d’autismes que d’autistes, alors arrêtons les généralités 🙂

La différence entre autiste et non autiste ne se fait pas sur ce manque de sociabilité supposé. Non, la différence elle se fait sur la CAPACITÉ de socialisation, pas sur l’envie.


 

Moi par exemple, je suis sociable, j’aime les gens, j’aime discuter avec eux (même si, je l’avoue, certaines conversations me saoulent. Mais comme tout le monde en fait).

Le problème chez moi vient de 2 choses :
– du fait que je suis nulle en « relations publiques ». Arrive souvent le moment où je vais dire la phrase de trop, celle qui répond à côté ou qui vexe, et les gens vont me fuir ou se fâcher :/ (pour d’autres autistes, ce pourra être le côté envahissant, sans mesure et sans règle sociale, qui va gêner l’interlocuteur)
– du fait que c’est très énergivore. Et sans énergie, je suis comme tout le monde, je me renferme ou je suis agressive :/ (du coup, même issue qu’au dessus : fuite ou engueulade)

Donc, tous mes moments « socialisation », sont des moments choisis soigneusement pour éviter le stress et les surcharges sensorielles. De préférence un jour où je suis bien reposée et où je n’ai rien d’autre à gérer. On évite donc les bars bruyants et les groupes de 10 ou 30 personnes.

C’est moi par exemple, qui prévoit 2 heures pour aller voir mes gentils voisins. (oui, 2 heures, à 79 et 82 ans, ils parlent encore beaucoup ^_^ ). Bon, pas trop souvent, hein ! Car j’en ressors toujours à plat ! Mais je les apprécie beaucoup et j’apprécie ces échanges.
Par contre, si quelqu’un débarque à l’improviste, ça va être l’enfer car il y aura rupture de mes routines, gestion d’un imprévu, stress de ne pas savoir quoi dire ou quoi faire, etc… et je risque de couper court très vite à la conversation, quitte à être malpolie. Et là, l’impolitesse engendre une envie moindre de l’interlocuteur de revenir, et donc un isolement. Forcément.

Donc non, il faut arrêter avec ce cliché qui veut que les autistes n’aiment pas les gens et préfèrent être seuls. Certains oui. Mais pas la majorité.

 

3 commentaires sur “« J’aime pas les gens »

  1. Justement, comment gères-tu ces conversations qui te saoulent? La plupart des conversations me gavent par leur manque de consistance; la « politesse » me garde de l’exprimer ainsi à mon interlocuteur mais du coup je n’arrive pas à suivre, à participer….pire! je deviens complètement quiche! ou muette! Du coup ça donne comme retour « elle a l’air sympa ton amie mais elle est pas très causante », ou « elle est bien gentille ta copine » un brin condescendant quoi, limite insultant (en implicite: « elle est bien gentille, on l’aime bien au village! » o_O ). Bref, je suis preneuse d’astuces si tu en as…!!

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    1. Arf ! Peu d’astuces.
      Dans le milieu professionnel, je me trainais, à chaque poste différent, une réputation de nana hautaine et prétentieuse. C’était avant d’avoir connaissance de mon autisme, je n’avais pas conscience de devoir faire des efforts et je n’en faisais pas. J’étais très seule :/

      Je ne travaille plus depuis 3 ans et demi donc j’ai peu d’interactions reloues.
      La première qui me vient à l’esprit, c’est le repas de quartier : je pose une ou deux questions très vagues genre « comment ça va ? » (les gens adorent parler d’eux) et ensuite je souris beaucoup en hochant la tête. Quand on me pose une question alors que je faisais semblant d’écouter, je dis « excusez moi, j’ai des problèmes d’audition » (ce qui est vrai, l’hyper accousie est un problème ^^) ou « pardon je suis migraineuse » (ce qui arrive fatalement dans une ambiance bruyante comme un repas de 30 personnes).

      Sinon, quand j’en peux plus de faire semblant, pour me débarrasser des gens je me sers de mes enfants « oh mince, où est G. ? Pardon je dois la surveiller » « excusez moi, je dois courrir après V. » « Ralala les enfants, vous savez ce que c’est ! »
      Un peu hypocrite c’est vrai, mais c’est l’instinct de survie qui parle.

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      1. Rôô la triiiiche! 🙂 Je n’ai pas de bol, je n’ai pas d’enfant pour me servir de bouclier social et pouvoir battre en retraite… (je devrais en emprunter à l’occasion! :-p )
        Oui bon du coup ça ne m’aide pas trop… du temps où je fumais (quelle idée à la c*n!), j’avais cette excuse pour sortir et trouver un peu de calme… Cela dit, au vu de la rareté de mes interactions sociales, je fais au mieux pour endurer avec la même technique que tu décris : sourire, hochement de tête et ponctuellement un « ah oui? », « c’est pas possible? » etc… assez pathétique au final!
        merci pour ta réponse.

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