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Mais tais-toi donc !!!

« Tu parles trop, toujours du soir au matin. Les mêmes mots, toujours les mêmes refrains. Tu fais « bla bla blaaaaa ». C’est ton défaut ».

(oui, je sais, je chante trooooooop bien)

Et c’est aussi le mien, de défaut.

Han ! Cte honte !! (j’écris et je me cache en même temps)

Le mythe de l’autiste mutique, qui ne dit rien, qui garde tout pour lui, c’est vraiment un mythe….

Il serait temps qu’on prenne aussi en compte ceux qui, comme moi, parle trop, beaucoup trop.

Encore une fois, la semaine dernière, je me suis trouvée dans cette position :/ Laissez-moi vous expliquer :

Semaine dernière, petite rencontre entre autistes asperger et parents d’autistes asperger. C’était super sympa. Un peu stressant, mais au final, super sympa. J’ai rencontré des semblables, des gens qui comprennent, et c’était reposant de ne pas faire semblant. Fatigant aussi car il y avait du monde (8 personnes), mais reposant de ne pas avoir à faire semblant. Trop reposant même, j’ai oublié de faire attention à mes propos :/

Sans que je ne sache pourquoi, je me suis retrouvée à parler de problèmes familiaux, hyper perso et un peu gênants.

Je parle, je parle, tout le monde écoute, je déballe plein de choses, et d’un coup, je dis « mince, pourquoi je vous raconte tout ça ?? ». Bon, les gens ne se formalisent pas, on est entre autistes ou proches d’autistes, ils savent qu’on est capable de parler DE TOUT. Mais bon, je suis quand même gênée d’avoir déballé des trucs perso. Je comprends mieux aussi pourquoi je fais fuir certaines personnes, notamment dans la vie professionnelle.

Dès que je suis un peu à l’aise, je parle, je parle, et je parle trop, de trucs hyper perso ou totalement inappropriés…

Mais pourquoi ??? (oui, bon, à cause de l’autisme, je sais. Mais bon, le sachant, je devrais faire plus gaffe, non ? non ? Et bin non. Pfffffff)
Et à posteriori, je me collerai de baffes !!

5 commentaires sur “Mais tais-toi donc !!!

  1. tout pareil ! je m’en veux souvent après mais je ne sais pas comment doser !
    Et puis c’est mal vu pour une fille, on m’a répété ça toute mon enfance… (mais ça ne s’est pas arrangé, surtout quand je suis stressée / que je rencontre des gens pour la 1ere fois). La chanson-refrain que ma sœur me chantait (et mon amoureux maintenant qu’il l’a découverte xD ) c’est « Tu parles trop » de La Rue Kétanou :p

    Aimé par 1 personne

  2. Je tiens d’abord à vous remercier de partager votre expérience. Je suis en recherche diagnostique et même si il existe beaucoup de blog d’autistes asperger, il n’y en a jamais assez tant nous avons besoin de regrouper le plus d’informations possible afin de déterminer si oui ou non, nous pourrions éventuellement être asperger. Tout le monde ne peut pas prétendre au diagnostic officiel et certaines personnes doivent e contenter du doute raisonnable. Votre témoignage et celui des autres me permets de me faire ma propre idée et je vous en remercie.

    Encore une fois ici, je me retrouve complètement. Je me suis fait tellement rembarré que maintenant je parle beaucoup moins. J’alterne entre mutisme, auto-censure et verbe exacerbé!
    « Dès que je suis un peu à l’aise, je parle, je parle, et je parle trop, de trucs hyper perso ou totalement inappropriés… »: Ma femme me l’a beaucoup reproché et quand elle est là, elle est mon garde-fou. Elle m’empêche de trop en dire. J’ai toujours eu cette candeur, cette naïveté qui font que je me livre facilement à peu près à tout le monde et n’importe qui. Peu-importe l’âge. Cela peut aller d’un sujet très privé à un sujet plus léger mais je parle trop. J’en dis trop. C’est plus fort que moi. Quand je suis en confiance ou quand on est gentil avec moi, je parle. Ca m’a d’ailleurs toujours desservi et causé pas mal de soucis plus ou moins sérieux que ce soit dans ma vie professionnelle ou personnelle. L’autre jour, je me suis surpris à raconter mon licenciement et ma descente aux enfer professionnelle à une collègue que je venais de rencontrer cinq minutes plus tôt! Parfois j’arrive à m’en empêcher mais souvent c’est plus fort que moi.
    Je pense que c’est lié à deux choses: notre défaut de théorie de l’esprit et notre anxiété sociale. La première nous induit en erreur et nous conduit à ne pas être méfiant et la seconde nous incite à parler pour meubler, pour éviter tout silence gênant. Jusqu’à très récemment je ne comprenais pas le « Je pense donc je suis ». Mon credo c’était: « Je parle donc je suis »!
    Aujourd’hui, j’ai bien compris qu’il fallait que je garde certaines choses pour moi et qu’il fallait que je m’adapte aux personnes que j’avais en face de moi mais bien souvent le naturel revient au galop. Et puis c’est vrai que c’est épuisant d’être sans cesse dans le contrôle!

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