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Maintenant, je vais bien.

Comme vous le savez, l’autisme m’est tombé dessus sans que je le cherche, suite au diagnostic surprise de mon fils aîné que je pensais juste un peu précoce.

Je vais vous raconter un peu ici les étapes par lesquelles je suis passée.


Lorsque le CMP m’a annoncé que mon fils était dans le champ de l’autisme, plus précisément asperger et THQI, ce fût un choc. Je ne connaissais pas du tout l’autisme et encore moins le syndrome d’Asperger. Le peu que j’en savais se résumait à Rain Man ou à cet autiste qui mémorise puis dessine de tête des villes entières… Mon fils ne ressemblait à rien de tout ça. Et pourtant ils disaient vrai 🙂

Le deuxième choc fût de me retrouver complètement dans les descriptions figurant dans le livre « le syndrome d’asperger » de Atwood, que je me suis empressée d’acheter.
Il fallait que je sache alors, très vite, j’ai demandé une évaluation pour moi-même, tout en étant convaincue de me tromper. C’était trop énorme, je ne pouvais pas être autiste !

Cette période d’attente fut difficile pour moi et pour mes proches. J’étais imbuvable, très irritable, je tournais en boucle sur l’autisme, sur moi, j’analysais tout, j’interrogeais tout le monde. Tout mon passé et tout mon quotidien étaient passés à la loupe. Parallèlement et paradoxalement, je quittais le seul et unique groupe FB où j’étais. J’avais peur de fausser les résultats en ayant trop de connaissances sur les comportements autistiques.

Et au final oui, j’étais dans le champ de l’autisme,. C’était apparemment une évidence pour les 3 personnes qui m’ont évaluée.

 


 

Le (3ème) choc passé, j’étais heureuse et soulagée d’avoir des clés pour me comprendre et pour enfin comprendre les autres.

Le diagnostic m’a apporté de nombreuses réponses, notamment concernant :

  • ma relation avec mes enfants :
    Je n’étais pas froide, rigide et peu tactile. Je suis juste hypersensible au bruit et au toucher, attachée à mes rituels et incapable de mentir. Avant le diagnostic, j’avais l’impression d’être une mauvaise mère et je culpabilisais beaucoup de ne pas être à la hauteur de ce que les médias nous montrent. Le diagnostic m’a enlevé le poids de cette culpabilité, et sans cette culpabilité j’ai pu évoluer favorablement et prendre du recul. Non, les pubs mixa bébé ne sont pas réellement un modèle à atteindre 😉 .
  • mes comportements atypiques, mes rituels, mes rigidités :
    Tout cela venait de quelque part et avait une explication. Connaissant leur origine, je pouvais agir dessus. Ou les accepter tels quels.
  • ma relation aux autres :
    J’ai réalisé que non, je n’étais pas méchante et sans humour (je blessais souvent les autres ou me fâchais avec eux sans savoir pourquoi, sans même m’en rendre compte). En fait, j’ai une théorie de l’esprit défaillante qui fait que je suis trop directe, trop franche, incapable de me mettre à la place des autres, mais ce n’est nullement de la méchanceté. Je ne lis pas le langage non verbal, les sous-entendus, le second degré. J’ai de l’humour, mais je ne comprends pas toujours celui des autres. Moi qui pensais toujours détenir la vérité absolue, j’ai découvert que j’avais une part non négligeable de responsabilité dans mes échecs sociaux, professionnels, amicaux…

Le revers de la médaille de ce diagnostic et de la prise de conscience de mes difficultés, c’est que j’ai développé une forte anxiété sociale et une forte culpabilité (suite à la relecture de mon passé).

Je me suis renfermée sur moi, j’ai commencé à être terrorisée à l’idée de sortir, de parler aux gens. Peur de mal dire, de mal faire. Je me suis alors centrée sur le virtuel, les fameux réseaux sociaux. J’y ai vu l’occasion d’avoir enfin une vie sociale “normale”, d’avoir des amis. Pour me faire accepter par cette communauté de gens sur internet, j’ai tenté d’être plus souple, plus sociable, plus neurotypique, et j’ai failli me perdre, perdre l’essence même de ce que j’étais depuis toujours et de ce qui faisait ma personnalité. C’est durant cette période que j’ai commencé l’écriture de ce blog.


 

L’écriture a été une catharsis. J’ai réussi à mettre des mots sur les maux, à y voir plus clair, et à ENFIN prendre un peu de recul. Mais il n’y a pas eu que ça :

  • J’ai adapté mon environnement, j’ai pris conscience de mes limites et j’essaie maintenant (autant que possible) de ne pas les dépasser.
  • Mes proches ont pris en compte mes particularités et cela a pacifié certaines relations.
  • J’ai trouvé une orthophoniste et une psychologue (TCC) qui ont fait des miracles au niveau habiletés sociales, anxiété et psychorigidité.
  • Grâce aux encouragements de mes proches et de parfaits inconnus (de nombreux lecteurs de ce blog), j’ai repris confiance en moi et j’assume enfin qui je suis et ce que je suis, avec mes qualités et mes défauts.
  • J’ai accepté d’être faillible, et j’ai accepté que les autres le soient aussi. Ce n’est pas parce que c’est moi l’autiste que je suis forcément à l’origine de certaines frictions sociales. Il y a des maladroits partout, et ils ne sont pas forcément autistes 😛

 

Bref, même s’il y a encore quelques couacs et quelques effondrements (pas plus tard qu’hier d’ailleurs), je peux enfin le dire :

 

MAINTENANT, JE VAIS BIEN 🙂

2 commentaires sur “Maintenant, je vais bien.

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