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Contagion émotionnelle

Bon, c’est moi qui appelle ça comme ça, hein, si ça se trouve, ça porte un autre nom ^^

J’en ai encore été victime ce matin. Je ne sais si c’est dû au TSA ou si c’est juste moi qui suis montée à l’envers, mais  c’est un aspect de ma personnalité clairement casse pieds.

Je vous explique :

Ce matin, en déposant mon grand à la gare, j’ai été abordée par une dame d’une soixantaine d’années, un peu paumée, qui cherchait le bon repère pour attendre le train. Je lui explique gentiment, puis elle me raconte qu’elle n’est pas trop habituée, qu’elle a pris son billet hier en catastrophe parce que sa maman vient de mourir. Et là, d’un coup, elle se met à pleurer 😦

En la voyant s’effondrer, j’ai senti comme une vague qui remontait de mon ventre, mes yeux se sont remplis de larmes, et je me suis figée, arrêtant de respirer pour ne pas moi-même m’effondrer en gros sanglots.

Au bout de trèèèèèès longues secondes, j’ai réussi à balbutier un « désolé », et j’ai regardé mes pieds. Voyant ma gène, elle a changé de sujet puis est partie plus loin.

Je manque parfois (souvent) cruellement d’empathie, je ne sais pas me mettre à la place de quelqu’un lorsqu’on me raconte une histoire triste, mais si je vois quelqu’un qui pleure, je pleure aussi 😦

Qu’est-ce que j’aurais aimé rester stoïque, neutre, et lui présenter des condoléances !
Ou alors être chaleureuse et la consoler ! Enfin, consoler, non. Quand on vient de perdre sa maman, quel que soit notre âge, on ne peut pas être consolé. Mais au moins lui témoigner un peu de chaleur humaine !
Là, je ne sais même pas ce qu’elle a vu ou compris. A-t-elle crû que je la prenais de haut ? A-t-elle vu mes yeux pleins de larmes ?

Bref, c’est nul comme « super pouvoir ».

 

2 commentaires sur “Contagion émotionnelle

  1. Je comprends parfaitement. C’est quelque chose qu’on ne gère pas la contagion émotionnelle. Cela s’empare de vous et vous ne pouvez rien y faire à part subir. Je pense que c’est pour ça que nous avons du mal à soutenir un regard: cela nous submerge d’émotion. Cependant c’est un super pouvoir dont je me sers parfois. C’est une sorte de don qui pallie notre manque d’empathie cognitive (capacité à se mettre à la place de l’autre). Comme on ressent le mal-être de l’autre, on prend la mesure d’un problème et on est très à l’écoute. Mais c’est là que le bas blesse. Nous ne savons pas correctement interpréter nos émotions. Nous ne savons pas si l’émotion que nous ressentons est la même que celle de notre interlocuteur. Souvent nous en préjugeons et nous nous trompons dans notre interprétation de l’émotion de l’autre. Quelqu’un de normal va avoir une contagion émotionnelle limitée mais va intuitivement se mettre à la place de l’autre et décoder le langage non-verbal de manière à apporter une réponse satisfaisante à la détresse de l’autre. Nous, nous allons nous fonder sur notre ressenti, cette émotion acquise par contagion, pour éprouver de la compassion et pour proposer une solution à l’autre. Là où un neurotypique va agir sous le coup de l’intuition et de l’analyse, nous, nous allons agir sous le coup de l’émotion, privé du non-verbal, privé de la capacité intuitive de nous mettre à la place de l’autre. Si on veut que notre action, notre réponse soit pertinente, il va falloir que consciemment, nous fassions un effort intellectuel pour nous mettre à la place de l’autre.
    On comprend de ce fait, qu’on passe souvent à côté de plein de choses. On comprend qu’on soit plus sujet à commettre des faux-pas sociaux ou à donner des réponses inadaptées.
    Ce déficit d’empathie cognitive nous met aussi parfois dans des situations où on ne parvient pas à trouver de réponse face à une détresse ou une urgence. Premièrement, il se peut que nous soyons submergé par l’émotion à cause de cette fameuse contagion émotionnelle et deuxièmement, il se peut aussi que puisque nous sommes perpétuellement dans l’intellectualisation, nous ne soyons finalement pas dans l’action au moment où il le faudrait. Ce temps de latence m’a parfois plongé dans un état de sidération tel que j’ai parfois pu paraître insensible ou lâche dans une situation où l’on attendait de moi que j’agisse.
    Comment voulez-vous que les neurotypiques comprennent ça? Cela ne fait pas partie de leur fonctionnement cérébral et nous aurons beau leur expliquer, ils ne l’admettrons jamais.
    Enfin, je voulais dire que je vous comprends. Je comprends que cela vous laisse la plupart du temps comme un goût d’inachevé, un sentiment d’échec, de maladresse récurrente.

    Aimé par 1 personne

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