Asperger·Habiletés sociales

Moi aussi ! Moi aussi !

Lorsque j’écris cette petite interjection, ma pensée première va à ma fille de 4 ans. Dès que son frère de 6 ans fait quelque chose ou veut quelque chose, cette « grosse copiteuse » ne manque pas de s’exclamer « MOI AUSSI !! ».

M’enfin là, je vais vous parler de tout autre chose. 😛

Lorsque j’annonce mon diagnostic à des gens qui ne sont pas très proches (qui ne vivent pas avec moi, en gros), on me demande très souvent, en quoi ça consiste, d’être autiste asperger (TSA léger).

J’essaie alors d’être didactique, de prendre des exemple concrets.

« J’ai du mal à interagir avec les gens, à communiquer de façon correcte et adaptée, je maîtrise mal le temps de parole ».
« Je suis trop franche, trop directe, trop brusque, je ne sais pas enrober les choses ».
« J’ai du mal à analyser mes émotions et je ne vois pas celles des autres dans leur comportement, il faut vraiment que les gens me disent textuellement ce qu’ils ressentent ».
« Je suis hyperaccousique, j’entends tous les sons très forts et au même niveau sonore, et mon cerveau est incapable de les différencier. Du coup, dès qu’il y a du bruit, je perds 50 points de QI » (oui, même en vrai, je fais des blagues pourries).
« Je passe énormément de temps à planifier la moindre chose, et un écart dans ce qui était prévu peut me faire totalement péter les plombs ».
(etc, etc, liste non exhaustive)

Pas toujours mais parfois, on me répond : MOI AUSSI !

MOI AUSSI je suis franche !
MOI AUSSI j’ai du mal à supporter le bruit ! En boîte de nuit, c’est pénible !
MOI AUSSI je n’aime pas quand les choses changent !
MOI AUSSI je ne comprends pas toujours les autres !

Dans ces cas-là, une petite partie de moi se dit « mais bordel, c’est pas ça, c’est pire que ce que tu décris ! ».
Mais plutôt que de m’énerver et de partir dans un trip (que je déteste) du « je suis plus autiste que toi », je réponds calmement :

« Ah oui ?? C’est vrai ?? Attends, je te donne les coordonnées des psychiatres et psychologues qui m’ont diagnostiquée. Parce que si tu es VRAIMENT comme moi, il faut absolument que tu sois aidé(e) ».

En général, ça calme. « Non, non, c’est bon » 😛

Sauf évidemment dans le cas où la personne est réellement en difficulté. Et là, c’est hyper bien de lui avoir expliqué, donné des pistes de réflexions, et des lieux où avoir d’éventuelles réponses. Vous lui avez peut-être même sauvé la vie. (vous connaissez le taux de pensées suicidaires chez les adultes asperger ? il est faramineux).

 

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s