Diagnostic·Habiletés sociales

Limite limite

Avec ce titre, je parodie un jeu de société à ne pas mettre entre toutes les mains, mais cela n’a en fait, rien à voir 🙂

J’aimerais aujourd’hui vous parler de l’intérêt de bien connaitre ses limites, afin, quand c’est possible, de ne pas les dépasser.

Exemple concret :
Dimanche, j’ai fait presque 3 heures de route, pour amener mon ado à l’aéroport.
Outre le trajet déjà fatigant en lui-même, il faut rajouter :
–  à l’aller, un arrêt au drive McDo qui s’est éternisé et a commencé à me faire stresser par rapport à l’heure d’arrivée.
– le serrage de fesses aux rond-points plantés de gilets jaunes (peur d’être bloquée)
– le stress de la rocade de Bordeaux dont je n’ai plus l’habitude (chez moi, quand il y a 4 voitures au feu rouge, on appelle ça un embouteillage)
– la multitude de parkings de l’aéroport (lequel je choisis ? par où j’y vais ? vais-je bien retrouver la voiture au retour ? etc…)
– le bruit et la foule de gens stressés et agressifs
– l’angoisse que mon ex se soit planté dans le billet d’avion (spoiler : non, tout était bon)
– le retour rallongé car tellement crevée que j’ai raté la sortie autoroute.

Il y a quelques années, avant mon diagnostic et la prise de conscience de mes limites, j’aurais probablement enchaîné sur un truc genre, faire à manger, aller chercher le pain, ranger, m’occuper des enfants, etc…
Une goutte d’eau m’aurait fait péter un plomb (trop de bruit des enfants, casser un verre en le rangeant, rater le repas, etc), et j’aurais fini assise par terre à pleurer toutes les larmes de mon corps et à me demander pourquoi ? pourquoi je n’y arrive pas ? pourquoi je me mets dans des états pareil  ? Est-ce que je suis folle ? Qu’est-ce qui cloche chez moi ?

Je n’aurais pas su que j’avais dépassé ma limite et que j’étais en plein effondrement. J’aurais souffert, terriblement, jusqu’à peut-être penser à faire quelque chose pour que cette souffrance s’arrête… Et j’aurais ensuite culpabilisé…

Là, je suis rentrée, j’ai embrassé mon mari et mes autres enfants, et je suis allée dormir.

Oui, je ne suis pas aussi productive et endurante que je voudrais l’être, c’est vrai.
Oui, je suis handicapée par cet aspect de moi que l’on appelle autisme.
J’ai accepté cette part de moi et je suis heureuse, bien plus heureuse même, qu’à l’époque où je faisais tout pour être « normale », pour être « comme tout le monde », (comme ces femmes actives que l’on vous vend dans les séries télé ou les publicités), et où j’échouais lamentablement.

Je remercie chaque jour les circonstances qui ont fait que j’ai été détectée, diagnostiquée, aidée.
J’évite ainsi de dépasser mes limites, et si je les dépasse quand même et que je craque, au moins je relativise et sais que je ne suis pas folle.

« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris » 🙂

 

 

2 commentaires sur “Limite limite

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